Liens suspects entre le président sud-africain et la puissante famille Gupta

J’étais ravi de rejoindre mon ancien employeur dont la vision était de changer le secteur des services financiers en Afrique du Sud. Il m’est vite devenu clair que les actionnaires et la direction ne partageaient pas la même éthique et intégrité que moi. J'ai quitté la société et signalé mes soupçons d’inconduite au bureau de la protectrice publique et au parlement. PPLAAF m'a aidé avec les frais juridiques et m’a donné des conseils et de la compassion. PPLAAF aide l'Afrique du Sud à retrouver sa démocratie durement acquise en fournissant un appui si nécessaire. Lancer l’alerte est un processus long, difficile et souvent solitaire, mais PPLAAF assure la protection et offre de la compassion humaine.

« Je dirais qu’ils doivent résister s’ils reçoivent une instruction illégale de la part d’un supérieur », a déclaré Mosilo Mothepu quand on lui a demandé, au parlement sud-africain, quel était son message aux fonctionnaires de son pays. « Le fait que vous n’ayez pas le courage de dire « non » engendre le cancer. »

M. Mothepu a été directrice générale de Trillian Financial Advisory, une société de conseil sud-africaine et une filiale de Trillian Capital. L’entreprise est détenue par Salim Essa, un associé de la puissante famille Gupta, qui est accusée de s’enrichir de ses liens étroits avec le président Zuma. Lorsque Mothepu a remarqué des activités suspectes impliquant des entités publiques, et dans l’espoir d’aider Thuli Madonsela, l’ancienne protectrice publique (une médiatrice dont l’indépendance est garantie par la constitution) avec son enquête, elle a démissionné et a pris la parole. La clé de sa révélation a été le renvoi des ministres des Finances de l’Afrique du Sud à cause de l’influence des Guptas.

Bien qu’elle craigne des conséquences juridiques et des accusations de diffamation, elle envoie une déclaration à Madonsela, qui publie un rapport intitulé « State of Capture ». La déclaration a été divulguée par une source inconnue au Sunday Times qui a publié en octobre 2016 un article montrant les liens entre la famille Gupta et le président Zuma. Le Sunday Times n’a pas réussi à confirmer que Mothepu n’était pas la source de la fuite et elle a par la suite fait face à des poursuites de Trillian alléguant la cybercriminalité, la fraude, le vol parmi d’autres charges. Les charges, fondées sur la perception d’une fuite d’information, l’empêche effectivement d’obtenir un autre emploi. Lors d’une réunion à huis clos avec des médias et encadrée par l’équipe du PPLAAF, Mothepu a parlé de ses luttes financières, de la menace juridique de ses anciens employeurs et de la solitude du lanceur d’alerte. Mais elle a également évoqué le courage de se mettre en première ligne pour la vérité. L’année suivante, enfoui sous le poids du risque politique et de la vulnérabilité financière, Mothepu est allée plus loin et a témoigné devant le parlement sud-africain.

Mothepu avait un bel avenir devant elle, et sa décision d’abandonner cette position prestigieuse et de prendre la parole avait un prix. « Les gens me demandent toujours :« Est-ce que tu le feras encore ? » Je réponds : « Oui, je le ferai à nouveau. » Je n’ai pas bien apprécié comment ma vie allait changer, mais l’Afrique du Sud en valait la peine. »

PPLAAF s’est tenue aux côtés de Mothepu, évaluant les risques auxquels elle pourrait être confrontée après avoir lancer l’alerte, lui fournissant des conseils juridiques et un soutien financier, et l’aidant à se préparer et à préparer son témoignage. La PPLAAF a également fait la promotion de son cas auprès des médias nationaux et internationaux.

Captation d’état

La principale accusation portée contre l’ex-président Sud-africain Jacob Zuma, émanant de plaintes de lanceurs d’alerte travaillant avec PPLAAF est celle de « State Capture » (captation d’Etat). Cette expression est largement utilisée en Afrique du Sud. La captation d’état est plus qu’une simple corruption. C’est un pillage des entreprises et des institutions nationales, impliquant une corruption des gens du pouvoir, ainsi que la modification des lois du pays, de sorte que tous travaillent pour leur intérêt privé.

Au centre du système, la famille Gupta. Les trois frères Gupta sont arrivés en Afrique du Sud en provenance de l’Inde dans les années 1990 et ont transformé une entreprise de pièces d’ordinateur en un conglomérat dans les médias, les mines et les services professionnels. L’un des fils du président Zuma, Duduzane, a travaillé pour la famille.

Une autre lanceuse d’alerte, également employée de Trillian, a aussi décidé de prendre la parole : Bianca Goodson. Goodson a été directrice générale de Trillian Management, une autre filiale de Trillian Capital. Remarquant des activités suspectes, Goodson a quitté Trillian en avril 2016. Un an plus tard, Goodson publie une déclaration détaillée sur les activités de Trillian par l’intermédiaire de PPLAAF et a témoigné devant le parlement Sud-africain en novembre 2017.

Une autre lanceuse d’alerte, également employée de Trillian, a aussi décidé de prendre la parole : Bianca Goodson. Goodson a été directrice générale de Trillian Management, une autre filiale de Trillian Capital. Remarquant des activités suspectes, Goodson a quitté Trillian en avril 2016. Un an plus tard, Goodson publie une déclaration détaillée sur les activités de Trillian par l’intermédiaire de PPLAAF et a témoigné devant le parlement Sud-africain en novembre 2017.

Au début de 2017, deux organisations, dont PPLAAF, ont reçu ce qu’on appelait alors les « GuptaLeaks » : des centaines de milliers de documents, courriels, etc. envoyés entre les Guptas et leurs associés, montrant l’étendue du contrôle de la famille Gupta sur les politiciens et les entreprises d’état et l’implication de nombreuses entreprises internationales dans les activités de la famille Gupta.

De nombreuses autres révélations ont été faites à propos de cette affaire, exposant des entreprises publiques Sud-africaines, telle que la compagnie d’électricité Eskom, et des firmes internationales comme HSBC et la société de conseil Mckinsey, entre autres. McKinsey a été impliqué dans l’obtention de contrats d’Eskom pour Trillian et a reçu des paiements illégaux de la part de l’entreprise.

Le 19 janvier 2018, avec l’appui du PPLAAF, la Fédération Sud-africaine des syndicats (SAFTU), composée de 700.000 syndicalistes Sud-africains, a porté plainte contre Trillian pour recueillir des preuves à l’appui des accusations criminelles et des confiscations civiles, y compris la fraude. Dans une autre procédure, la succursale de McKinsey en Afrique du Sud reçoit une ordonnance de saisie d’actifs initiée par l’Unité de confiscation d’actifs (AFU).

La PPLAAF s’est également associé aux médias Sud-africains amaBhungane et Daily Maverick pour fournir un accès aux GuptaLeaks via un portail unique - via le Organised Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) avec le soutien de Finance Uncovered.

Pour plus d’information:

PPLAAF:

The Daily Maverick:

Financial Times:

Sunday Times:

Bloomberg:

BizNews:

amaBhungane:

ENCA:

Reuters: