Malversations au port d’Oran et l’acharnement judiciaire d’un lanceur d’alerte algérien

...Je ne regrette absolument pas d'avoir lancer cette alerte et si c'est à refaire je referais la même chose, tout en sachant maintenant les débauches de tout lanceur d'alerte en Algérie... L'initiative de la création de PPLAAF est très utile vu la nature des régimes africains et la « justice » qui nous est imposée. PPLAAF va sûrement prendre une place incontournable parmi les ONG internationales et mettre à nu beaucoup d'affaire dans certains pays, et parmi eux l'Algérie.

« La corruption en Algérie vient de prendre une ampleur considérable », Noureddine Tounsi a dit à PPLAAF. « La justice poursuit les lanceurs d’alerte au lieu d’ouvrir des enquêtes crédibles et de faire savoir au peuple ce qu’il est en réellement des enquêtes sur des faits de corruption. »

Noureddine Tounsi est un ancien responsable commercial de l’Entreprise portuaire d’Oran (EPO), une entreprise publique. Après avoir interpellé sa hiérarchie sur des dysfonctionnements et malversations en lien avec les activités du port, il a saisi le parquet en avril 2016 sur ces faits. A la suite de l’ouverture d’une enquête, il a commencé à subir des représailles de sa hiérarchie en étant mis à pied, rétrogradé puis licencié en septembre 2016.

Alors que les enquêtes sur les accusations de Noureddine Tounsi n’avancent pas, celles lancées contre lui par son ancien employeur sont en revanche traitées rapidement. Tounsi fait en effet désormais l’objet de représailles de la part de l’EPO qui a déposé plusieurs plaintes pénales contre lui, notamment pour injure, diffamation et divulgation de secrets d’entreprise.

Tounsi a récemment créé un Comité national de défense des dénonciations de la corruption en Algérie : « Mon message aux lanceurs d’alerte est de tenir bon, ne pas céder, ne rien regretter et d’essayer de prendre contact avec les différentes ONG internationales… tout en se couvrant de toute sorte de représailles par les autorités judiciaires qui refusent de rendre justice au nom de la justice. »

La corruption du port d’Oran

Selon Tounsi, des pratiques frauduleuses étaient réalisées au bénéfice de l’Entreprise des travaux routiers, hydrauliques et bâtiments (ETRHB), une société importatrice de marchandises. Cette société, avec la complicité de responsables de l’EPO, économiserait de grandes sommes d’argent en ne payant pas les redevances prévues à l’importation.

Divers procédés permettraient d’éviter de payer les redevances : prestations offertes ou sous-facturées, falsification de factures pour bénéficier d’un tarif plus avantageux, modification du type de marchandise importée, recours internes pour contester la facturation de prestations qui n’auraient soi-disant pas eu lieues pour être remboursé, etc.

Dans une autre affaire, Noureddine Tounsi a révélé que des importateurs privés s’arrangent avec L’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) pour faire passer leurs bateaux avant ceux de l’OAIC quand bien même ils seraient arrivés après. Dès lors, l’OAIC perd de l’argent en devant payer des pénalités de retard que les importateurs privés ne payent pas.

Cette affaire a été révélée au public en Algérie par Noureddine Tounsi à partir de 2016 avec les médias Al Akhbar et Algérie Part. Il est également soutenu par la Algerian League for the defense of Human Rights (LADDH).

Pour plus d’information :

PPLAAF:

Algérie Part:

Le Soir d’Algérie :